Marché de la parfumerie au Brésil : tendances et opportunités en 2025

Au programme dans cet article

Vous envisagez de créer un parfum de niche pour le distribuer au Brésil et cherchez à approfondir votre compréhension de ce marché riche en opportunités ? Vous êtes au bon endroit !

Dans cet article, nous allons explorer ensemble les particularités du marché brésilien de la parfumerie, en vous fournissant des informations clés et des conseils stratégiques pour naviguer avec succès dans ce pays aux multiples facettes.

Un rituel ancré dans le quotidien des brésiliens

D’après Euromonitor, le marché de la parfumerie au Brésil est le deuxième plus important au monde en valeur, couvrant plus de la moitié des ventes de parfums en Amérique latine. Cette position de leader témoigne non seulement de son immense potentiel économique, mais aussi de la place centrale qu’occupent les fragrances dans la culture brésilienne.

En effet, l’utilisation des parfums par les Brésiliens s’inscrit dans une pratique quotidienne de l’hygiène et du soin. Avec une moyenne de trois à cinq douches par jour (record mondial !), ils intègrent le parfumage comme une étape essentielle de leurs rituels beauté. Ceux-ci transcendent les âges et les classes sociales : les ventes de la gamme Baby Lavanda du géant américain Johnson & Johnson’s introduite en 1950 n’ont jamais cessé. Par ailleurs, une étude menée par NOS (Novo Outdoor Social) révèle que 98% des habitants, y compris dans les favelas, accordent au parfum une importance primordiale.

infusion de plantes aromatiques dans une rivière du brésil
Autre spécificité locale, les « banhos de cheiro« , tradition ancestrale mêlant les connaissances des populations indigènes et le savoir-faire des esclaves africains du XVIème siècle, illustre cette relation particulière aux odeurs. Ces infusions de plantes aromatiques comme le priprioca, le basilic, ou le pataqueira, connaissent aujourd’hui un renouveau industriel sous forme de préparations prêtes à l’emploi, concentrées à 3% d’ « águas de cheiro« .

Des consommateurs connectés et en quête d’expériences sensorielles

Le marché brésilien de la parfumerie est porté par des consommateurs très engagés dans leur routine de soin et de bien-être. Le consommateur brésilien consacre en moyenne cinq heures par semaine à ses soins et 1,5 % de son budget aux produits de beauté. Des études récentes indiquent que les jeunes générations, en particulier les Millennials et la Génération Z, jouent un rôle crucial dans la croissance des parfums de niche au Brésil. Selon un rapport de 2019 de l’Association brésilienne de l’industrie de l’hygiène personnelle, de la parfumerie et des cosmétiques (ABIHPEC), les Millennials représentent 24,7 % des consommateurs de produits d’hygiène personnelle, de parfumerie et de cosmétiques au Brésil.  Plus précisément :
  • Les 20-24 ans constituent 7,9 % de ces consommateurs,
  • Les 25-29 ans, 8,2 %,
  • Les 30-34 ans, 8,6 %.
Bien qu’ils soient attachés à la richesse de la biodiversité de leur pays et que la production locale domine 90% du marché, beaucoup considèrent les parfums brésiliens comme moins prestigieux que ceux importés, en particulier en provenance de France. Cette perception de la qualité se reflète dans les prix : un parfum de niche brésilien coûte environ 400 reais. Peuple éminemment sociable, l’accompagnement en magasin joue un rôle crucial dans leurs décisions d’achat : 30% des clients sollicitent des conseils en magasin, un taux supérieur à celui observé en Europe. Ce besoin souligne l’importance du relationnel et de l’expertise dans la stratégie de vente à mettre en place. La pandémie a tout de même bousculé leurs habitudes : les Brésiliens voyagent moins à l’étranger et se tournent davantage vers la consommation locale ou les « casas de importos », établissements spécialisés dans la vente de produits importés, dont la chaîne Dufry est le représentant le plus populaire. Les consommateurs brésiliens se montrent particulièrement réceptifs aux innovations technologiques. L’utilisation de l’intelligence artificielle, comme le système Phylira de Symrise dans la création de parfums, illustre cette tendance. Ils ne mettent pas pour autant leurs valeurs de côté et recherchent des solutions authentiques, respectueuses de l’environnement mais également sur-mesure, pour refléter leur individualité. Jeune et connectée, cette génération reste influencée par les réseaux sociaux et les parfums mis en avant par des personnalités connaissent un succès certain. 

Entre influences locales et stratégies d’adaptation des marques

Depuis la fin de la dictature en 1985, une inflation prolongée a favorisé l’émergence de marques locales comme O Boticário et Natura. Selon un article publié dans NEZ (édition n°17 printemps-été), ces deux enseignes dominent aujourd’hui à elles seules 70% du marché brésilien de la parfumerie (40% pour Natura et 30% pour O Boticário). Leur succès s’est reposé sur trois piliers : la vente directe, l’approvisionnement local et les soins personnalisés.

Les marques de parfum de niche ne sont pas en reste, comme par exemple Avatim qui a reçu reçu trois nominations pour le prix Atualidade Cosmética, considéré comme l' »Oscar » de la parfumerie en Amérique latine, avec deux de ses lancements récents, le déo parfum Gigi Lazuli et le déo cologne Sublime Lume.

Cette mutation économique a permis à un plus grand nombre de Brésiliens d’accéder à des produits de luxe et semi-luxe, y compris des parfums importés comme One Million de Paco Rabanne. D’autres marques comme Avon ont misé sur des approches innovantes pour attirer leurs clients, par exemple en recrutant des ambassadrices locales et en développant un réseau de deux millions de consultants à travers le pays. Cette stratégie de vente directe a tiré parti de l’importance du relationnel entre la marque et ses clients, tout en capitalisant sur l’expertise de ses consultants. 

Les marques internationales de parfum qui réussissent sur le marché brésilien ont su intégrer les richesses botaniques locales dans leurs formulations. Des ingrédients comme la priprioca, la pitanga, le buriti, la noix du Brésil ou l’andiroba représentent non seulement un atout pour la création de fragrances uniques, mais également un argument marketing fort auprès des consommateurs de plus en plus sensibles à l’utilisation des ressources locales. 

fresque de matières premières et ingrédients pour la parfumerie au brésil

Défis et apportunités pour la parfumerie de niche au Brésil

Comme en Chine ou en Inde, le marché brésilien de la parfumerie est soumis à une fiscalité complexe. En effet, les parfums sont soumis à différents niveaux de taxation selon leur classification : 42% pour les eaux de parfum, 12% pour les eaux de toilette et 7% pour les « deocolonias », dénomination courante chez les industriels locaux. À ces taxes s’ajoutent l’ICMS (variant de 7% à 18% selon l’État), le PIS et le COFINS (totalisant 9,25%). Cette structure fiscale complexe vise clairement à protéger et favoriser l’industrie cosmétique locale.

En outre, tous les produits cosmétiques, y compris les parfums, doivent être enregistrés auprès de l’Agência Nacional de Vigilância Sanitária (ANVISA), l’autorité gouvernementale brésilienne responsable de la réglementation des produits cosmétiques, équivalente à l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des Produits de Santé (ANSM) française. Elle a récemment mis à jour les règles d’étiquetage, exigeant que les produits d’hygiène personnelle, les cosmétiques et les parfums commercialisés au Brésil mentionnent la liste de leurs ingrédients en portugais. 

Enfin, il est important de mentionner l’obligation d’obtenir une approbation préalable pour certains produits cosmétiques. En effet, ils sont classés en deux catégories, sur la base des diverses résolutions du Grupo Mercado Común (GMC), l’organe exécutif du MERCOSUR. Il y a donc le “Grau 1” et “Grau 2” (respectivement grades 1 et 2). Les produits Grau 1 sont à faible risque et ne nécessitent pas d’évaluation approfondie, tandis que les produits Grau 2 sont à risque élevé et nécessitent une évaluation de la sécurité et de l’efficacité. In fine, le coût des parfums importés peut être significativement plus élevé au Brésil que sur d’autres marchés, impactant ainsi la stratégie de prix et la compétitivité.

Perspectives et stratégies gagnantes

Le marché brésilien de la parfumerie représente une opportunité exceptionnelle pour les marques internationales. Selon Mordor Intelligence, le marché de la beauté et des soins personnels au Brésil atteindra 44,03 milliards USD d’ici 2029, avec un taux de croissance annuelle (TCAC) de 5,85 % au cours de la période de prévision (2024-2029).

Avec une classe moyenne au pouvoir d’achat croissant, le potentiel de développement d’un parfum est considérable. La nouvelle génération de consommateurs, particulièrement réceptive aux innovations et sensible aux enjeux environnementaux, ouvre la voie à des concepts novateurs en parfumerie de niche. Certes, pénétrer le marché brésilien représente un défi de taille, nécessitant une compréhension approfondie des réglementations et une connaissance fine des attentes des consommateurs.

Cependant, les entrepreneurs qui sauront s’entourer d’experts du marché brésilien, comme EuÔdia, pourront transformer ces défis en opportunités durables. N’hésitez pas à nous contacter dès aujourd’hui pour profiter d’un accompagnement sur-mesure, pensé pour répondre à vos attentes business.

Image de Marie-Cécile Wattelle
Marie-Cécile Wattelle

Consultante en stratégie marketing et communication digitale

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